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L'échos des stars et starlettes d'Afrique et d'ailleurs

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TATIANA DE MAKENSIRA.	“J’ai grand besoin de soutien”
Côte d'Ivoire. De l’état de santé de la comédienne Tatiana, les choses les plus folles et les plus fantaisistes ont été dites. Mais jusque-là, rares sont les journalistes qui ont pu la voir, lui parler. Malgré les nombreux maux (diabète, ulcère, anémie, …) dont elle souffre, Tatiana a accepté de nous parler.




L’idée d’aller rendre visite à Tatiana date de plusieurs mois. Jusque-là nos multiples tentatives s’étaient toujours heurtées aux refus, parfois polis, parfois énervés de sa famille. Mais le Jeudi 4 février, nous décidons de passer outre ces interdictions pour aller voir de près l’état de santé de la comédienne.
Nous voilà donc dans les dédales des ruelles du quartier de Yopougon Base CIE (Niangon), autour de midi.
Au bout d’une ruelle, nous apercevons une dame, maigre et voutée qui essaie péniblement de poser un pied après l’autre. La distance qu’elle a à parcourir (entre un mur et un manguier), n’excède pas cinq mètres. Mais, la dame a toutes les peines du monde à les parcourir. Ses pieds sont très enflés et elle souffre le martyre à chacun de ses pas. Au prix de mille efforts, la dame se retourne pour avoir certainement entendu nos pas se rapprocher d’elle. Et là, nous reconnaissons le visage de Tatiana de Makensira. Juste le visage, car tout le reste est méconnaissable. Très amaigrie, la comédienne n’a plus du tout le teint éclatant qu’on lui connaissait. Elle nous regarde, pendant plusieurs secondes. Puis elle sourit. ça y est, elle nous a reconnu, enfin…

• Tu marches à nouveau, c’est une bonne nouvelle…

- Il y a quelques temps déjà que j’ai recommencé à marcher.

• On disait que tu ne pouvais ni marcher, ni même te nourrir.

- ça commence à aller, je mange maintenant, c’est beaucoup mieux qu’avant. Je dors bien maintenant. Avant, je n’avais pas le moral, mais maintenant, le moral revient.

•••

- Awa Koné (une autre comédienne de Faut pas fâcher) m’a apporté de la nourriture. Mais, je ne me souviens pas du plat, en fait j’ai de fréquents troubles de la mémoire, j’oublie beaucoup. Comme j’aime le foutou et elle le sait, je suppose que c’est du foutou qu’elle m’a préparé.

• Et ce matin, tu as mangé ?

- Oui, les matins, je mange. Ce matin, j’ai mangé avant de venir marcher, mais je ne me souviens pas de ce que j’ai mangé.

•••

- Physiquement, ça commence à aller. Les douleurs se sont estompées. ça va un peu, mais j’ai besoin de rééducation. Sinon sur le plan maladie, ça commence à aller, je me sens un peu bien maintenant (elle reprend son souffle, ndlr). Je me sens un peu bien dans ma peau.

• Ah bon !

- Toi-même tu as vu en arrivant que je commence à marcher un peu. Avant, je ne pouvais même pas
marcher.

• Tu as les pieds très enflés, que disent les médecins ?

- Je ne me souviens pas de ce qu’ils ont dit. On m’a dit que j’étais dans le coma, mais je ne m’en souviens même pas.

• Et pour ta mémoire qui flanche ?

- Les médecins m’ont dit que ma mémoire va revenir progressivement.

• Je te sens faire de gros efforts pour parler, tu as mal quand tu parles ?

- Non, je n’ai pas mal quand je parle, mais comme je suis fatiguée, c’est pour cela que je réagis comme ça. Je suis tout le temps essoufflée parce que je ne dois pas faire
beaucoup d’efforts.

•••

Je dors beaucoup, le médecin m’a dit de me reposer. J’ai besoin de repos. Là, je viens de faire les «cent pas», je suis un peu fatiguée alors je me repose. Je prends un peu d’air parce qu’il ne faut pas trop rester cloîtrée dans la maison. On m’a dit de prendre de l’air de temps en temps, voilà. ça peut aller.

• Ici où tu vis, c’est chez qui ?

- Je suis chez ma cousine, c’est elle qui s’occupe de moi.

•••

- Cela fait sept mois que je suis ici, chez ma cousine. Sept mois, c’est long, c’est difficile mais, elle m’a toujours soutenue. Ce n’est pas facile de garder une malade. Ce n’est pas évident, surtout à Abidjan.

• Oui mais, tu serais peut-être mieux suivie dans un hôpital, non ?

- Si, on va à l’hôpital et on revient.
Le médecin vient aussi ici.

• Au niveau alimentaire, qu’est-ce qu’on t’a prescrit ?

- On dirait qu’il y a un régime alimentaire, mais je ne le connais pas. Mes parents sont là pour me dire ce que je dois manger. Mes parents me soutiennent, heureusement, je ne suis pas seule. Dieu merci ! Mes amis, mes collègues me soutiennent aussi. Sans eux, franchement, je ne sais pas comment j’allais faire. Je leur dis merci du fond du cœur.

• Tu te souviens de la dernière fois où tu as mis les pieds hors de ce pâté de maisons ?

- Je ne sais pas quand est-ce que je suis sortie en ville pour la dernière fois, je ne m’en souviens pas du tout.

• Et tes enfants dans tout ça ?

- Je ne pense pas que mes enfants soient là. Non, elles ne sont pas là. Elles viennent me voir ici, mais elles ne vivent pas ici. J’ai deux filles (son visage s’illumine un peu, ndlr).

•••

- Ah oui ! je me souviens d’elles. Elles viennent me voir, mais elles ne sont pas ici.

• Ta mémoire te fait défaut à ce point-là ?

- Je te jure ! Même quand mes amis viennent me voir, dès qu’ils s’en vont, c’est fini, je ne m’en souviens plus.

•••

- J’oublie oh ! (elle marque une pause, essoufflée, ndlr)

•••

- Ma mémoire est partie oh ! Je ne sais pas. Quand on me dit quelque chose toute de suite, cinq minutes après, ça s’en va, je ne m’en souviens plus.

• Tu sais au moins avec qui tu es en train de parler en ce moment ?

- Si je vois ton visage. Je te connais. En fait, les visages, je les reconnais, mais il y a des noms qui m’échappent.

• Tout à l’heure tu pleurais, pourquoi ?

- Je pleure ? Oui, je pleure parce que je pense beaucoup. Je n’étais jamais tombée malade aussi gravement. Les mauvaises pensées me viennent en tête. Et puis, je suis vraiment découragée.

• Découragée ?

- Oui, découragée. Il faut des gens à côté de moi pour me remonter le moral et tout. C’est ce que mes parents font.

•••

- Mais ma foi a toujours été grande. Avant la maladie, je croyais déjà en Dieu, je priais toujours. Avec la ma-ladie, ça s’est approfondi. J’ai foi en Dieu, je sais qu’il va faire quelque chose pour moi. ça va, quand Dieu t’a fait grâce, il faut le reconnaître.

• Au début de ta maladie, on a dit que tu ne supportais pas de te voir à la télé.

- Au début oui, mais maintenant ça va. Je peux regarder mon image à la télé.

• Donc tu as recommencé à regarder la télé ?

- Oui, je regarde la télé.

•••

- Je regarde «Faut pas fâcher», je regarde tout le monde. Les amis de
«Faut pas fâcher» viennent toujours me voir. Ils se sont mobilisés pour moi. Je profite de l’occasion pour leur dire merci.

• Autre chose : de quoi as-tu besoin pour aller mieux ?

- Moi, comme j’ai des pertes de mémoire, je ne saurai te le dire.
Si quelqu’un veut vraiment m’aider,
il doit prendre contact avec mes parents, pour qu’on lui explique de quoi j’ai besoin, franchement. Comme j’ai des pertes de mémoire, je ne me souviens pas des choses.
Il faut un parent à mes côtés pour le dire.

• Un appel peut-être aux ivoiriens et à tous ceux qui t’aiment ?

- L’appel que je lance à ceux qui aiment vraiment Tatiana de Makensira, c’est de m’aider. S’ils peuvent me venir en aide, ce serait bien pour moi. ça fait longtemps que je suis malade. Si quelqu’un veut me venir en aide, ce sera avec grand plaisir que je vais le recevoir.
J’ai grand besoin de soutien.

Par Usher Aliman
usheraliman@yahoo.fr (TopVisages)



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